Meurtre au manoir des fées

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Meurtre au manoir des fées

Delphine Biaussat


Collection :
Clair-Obscur

Synopsis :

Lors d’une nuit d’orage au manoir des fées, Charlotte d’Endora est assassinée. À trop vouloir causer du mal à tous ceux qui l’entourent, les suspects sont nombreux. L’auteur de ce crime est-il son mari fou amoureux d’elle mais à la personnalité explosive ? Sa pire ennemie qu’elle n’avait plus vue depuis des années ? Un ex petit-ami qu’elle a autrefois manipulé ? Son ancienne souffre-douleur ? Une jeune femme qui protège ceux qu’elle aime contre vents et marées ? Une hôtesse qui tuerait ses clients jugés trop « incorrects » ? Un commissaire qui ne cache pas son mépris pour elle ? Ou alors une personne encore inconnue…

Caroline, une des résidentes du manoir, va faire une rencontre surprenante qui va chambouler aussi bien l’enquête que ses propres croyances. Le réel va se mêler à l’irréel.

Extraits :

1

Elle éclate d’un rire qui sonne désagréablement à mes oreilles. Chacun a son propre rire. Mais celui-là ne me paraît pas très franc. Il est juste fait pour qu’on la remarque. Cette femme me déplaît, elle ne m’est pas sympathique. Mon métier m’a appris à juger vite et bien les individus. Elle, elle n’est pas compliquée à cerner. Je la sens mauvaise. Mon instinct me crie de la fuir au lieu de l’affronter. Et puis, de toute façon je n’en ai pas envie. Tout ce que je réclame est de rester au calme dans ce havre de paix. Même si j’y suis bien, j’ai autre chose à faire que m’éterniser ici. Le mal me manque. Œuvrer pour la justice me manque. C’est mon métier, et j’ai besoin de lui.

J’ai un petit sourire en coin, et je murmure :

—  C’est cela… Évitez les ennuis, et tout ira bien.

2

L’intérieur est aussi prometteur que l’extérieur. L’entrée est spacieuse. Sur la gauche se situe un escalier. À la base de la rampe, une tête de fée sourit, et elle semble nous souhaiter la bienvenue. Au-dessus, un lustre de cristal capte notre attention ; il brille de mille feux. Sur le mur que longe l’escalier sont accrochés des portraits. Mon regard est attiré par une très jolie jeune fille blonde. Son air est doux, légèrement triste, mais il m’apporte aussitôt une certaine sérénité. Mon cœur se calme, son rythme est un tout petit peu inférieur à la normale. Quelle autre raison, à part cette œuvre, peut transformer en une seconde mon état ?

3

On entre tous, et on se place autour du lit dans lequel reposent les époux. Ceux-ci ne s’aperçoivent nullement de notre présence. Ils dorment à poings fermés. J’attends le feu vert des festivités. J’observe tout le monde, et je me statufie. Le commissaire Renot, qui est le plus proche de Charlotte, tient un poignard. Il le brandit, et le plante dans la poitrine de l’endormie. Celle-ci gémit. Il s’écarte, et passe l’arme à Mélanie. Je suis horrifiée. Je n’ose croire ce que j’ai vu à l’instant.