Ensorcelée de Marjorie D-Lafond

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Ensorcelée de Marjorie D-Lafond

Marjorie D-Lafond


Collection :
Imaginaire

Synopsis :

Nous sommes sous les cieux celtiques il y a fort longtemps… Aurélia a 17 ans. Elle vient d’apprendre la destinée qu’on lui a tracée : elle, princesse de Bourgogne, est fiancée à Cédric, riche héritier du duché de Bretagne. Affligée de ne pas pouvoir choisir elle-même son futur époux, elle demeure tout de même raisonnable : son titre convoité requiert des sacrifices. De son coté, Cédric, jeune duc de Bretagne ne se montre guère égayé face à cette nouvelle. Victime d’un tragique drame amoureux par le passé, il entretient à présent des ambitions qui excluent femme et amour.

Heureusement, contre toute attente, les deux jeunes promis forment un couple très bien assorti. Pas de doute là-dessus, l’attirance est au rendez-vous. Ces deux-là ont tout pour mener une existence prospère l’un aux côtés de l’autre. Or, sur le chemin de leur union parsemé de doutes, une entité obscure provenant de l’ancienne religion, poussée par la vengeance, a décidé de s’en mêler…

Lors d’une nuit austère dominée par la peur et la violence, Aurélia réalise que quelque chose cloche dans ce château où elle résidera sous peu. Une force surhumaine aux airs maléfiques semble rôder sur la résidence du jeune duc… Cette créature enchanteresse à la chevelure flamboyante, à la voix mélodieuse, trop angélique, que dissimule-t-elle ? Que lui veut-elle ?

Par ailleurs, dans quel but le jeune duc repousse-t-il sa fiancée sans ménagement ? La princesse, rêveuse et idéaliste, voit venir d’un mauvais œil cette relation douloureuse à sens unique. Devant ces sombres circonstances, elle se dit qu’il vaudrait mieux que cette promesse d’union soit rompue. À l’époque où l’amour n’est qu’accessoire au sein d’un couple de haut rang, où les valeurs chrétiennes s’imposent, peut-on malgré tout rêver de passion ? Lorsqu’un sort nous est lancé, où chercher la clé qui ramènera l’harmonie ?

Ensorcelée est une histoire d’amour poignante où s’entremêlent, dans un tourbillon d’émotions typiques des premiers amours passionnés, intrigues, sensualité et univers fantastique. Parions que vous vous laisserez ensorceler…

Sortie papier le 25 janvier 2017,

et en avant-première le 18 janvier sur la boutique EE.

Extraits :

Extrait 1

— Êtes-vous déjà si pressée de vous mettre au lit, belle Aurélia ?

Voyant son air offensé, il regretta ces stupides paroles. La jeune fille semblait vouloir l’ignorer.

— Commentaire déplacé, c’est ça ?

— Oui, mon seigneur, bien vu ! lança-t-elle, arrogante.

Puis, contre toute attention, elle se détourna de lui et le laissa en plan.

Mais Aurélia jouait à un jeu et elle avait peur de mal le cacher. Juste de penser qu’elle irait au lit avec lui la nuit venue, son cœur s’emballa d’affolement dans sa poitrine. D’où cet homme tenait-il autant de charme ? Pourquoi l’impressionnait-il autant ? Peut-être allait-elle trop loin en le défiant ? Était-ce seulement dans sa tête ou ce dernier semblait plus ouvert à elle ? Le contact de la main du jeune duc agrippant son bras lorsqu’il voulut la retenir lui donna la chair de poule.

— Où pensez-vous aller comme ça ? Ne vous sauvez pas si vite… Nous sommes mariés dorénavant, nous allons devoir apprendre à vivre en harmonie l’un avec l’autre. Il nous faudra nous aimer et nous soutenir mutuellement jusqu’à la fin de nos jours… ce n’est pas ce que vous vouliez ?

Ces paroles réveillèrent en la jeune fille une colère incompréhensible.

— Vous n’avez aucune idée de ce que je veux ou de ce que je ressens ! Vous me connaissez à peine ! Comment pouvez-vous prétendre deviner les sentiments que j’éprouve à votre égard ?

Surpris du comportement effarouché de son épouse à l’air habituellement si angélique, il posa ses deux mains sur les épaules de la princesse afin de la forcer à le regarder.

— Pourquoi êtes-vous si froide ? Je sais que je me suis mal comporté envers vous le mois dernier et que je vous ai blessée, mais s’il vous plait, je vous demande de me pardonner.

Aurélia baissa les yeux et ne répondit rien. Comment lui avouer qu’il lui avait complètement brisé le cœur ? Qu’il était même en mille miettes à cause de lui depuis cette nuit obscure. Que depuis, les cauchemars ne la quittaient plus. Qu’elle dormait si mal. Que son retour en Bretagne lui faisait peur. Qui plus est, cette femme enchanteresse, dans l’obscurité de ses rêves, cette voix trop angélique qui la hantait, tellement divine qu’elle semblait y dissimuler l’enfer… C’était à se demander si le château du Duc de Bretagne n’était pas maudit…

Extrait 2

C’est alors qu’une force brusque lui saisit les bras et la projeta plus loin sur le sol. Enfin, Aurélia retrouva ses esprits subitement, nageant dans une confusion totale. Pourquoi était-elle à cet endroit lugubre, à cette heure avancée de la nuit, et en tenue de nuit ? Cédric se trouvait debout devant elle, furieux.

— Que faites-vous ici ? Vous n’avez aucun droit en ces lieux. Comment avez-vous trouvé la place ?

Le jeune duc hurlait. Il empoigna violemment le bras de la princesse afin de la forcer à se relever.

— Je l’ignore, je… Regardez vos mains ! Elles sont couvertes de sang. Que vous est-il arrivé ?

Aurélia, complétement sous le choc, ne s’était jamais sentie aussi désorientée et apeurée. Sur le bord des larmes, elle essaya de garder son sang-froid.

— Regardez dont vos bras ! s’injuria Cédric, mes mains ne sont couvertes que de votre propre sang !

— Oh, mon Dieu ! Que m’est-il arrivé ?

Elle regarda son fiancé qui ne semblait pas être en état de lui fournir une réponse à sa question. Mais non loin de leur emplacement, elle entrevit les rosiers qu’elle devait avoir traversés… En s’y dissimulant, les épines des roseaux avaient dû écorcher ses bras délicats. D’où les coulées de sang…

— Je vous jure que je n’ai aucun souvenir…

Aurélia continua de scruter les alentours. Le brouillard s’était dispersé. C’est alors qu’elle se rendit compte que tous deux se trouvaient à quelques pas seulement du bord d’une falaise abrupte, ce qui la fit, par réflexe, reculer d’un grand pas pour s’en éloigner davantage. Puis, elle se retourna vers Cédric. La lune lui permit d’entrevoir le regard hargneux qu’il lui lançait. Pourquoi était-il si en colère ?

Il se mit alors à s’avancer droit vers elle, l’air menaçant.

Extrait 3

Aurélia était émue. Ces sentiments qui accablaient son ami, elle les ressentait également avec le même chagrin.

— Jamais je n’oublierai tous les bons moments que nous avons passés ensemble… Il y en a tellement ! C’est vrai qu’on était heureux à vivre l’un près de l’autre.

Gaël contempla fièrement le cou de la duchesse. Il se remit à sourire.

— Je vois que tu as toujours mon médaillon.

— Oh… Alors, il est à toi ce médaillon ! Ce dernier était dissimulé dans une petite poche à l’intérieur de ma robe de mariée. Je l’ai découvert la semaine passée. Je l’avais sûrement glissé à cet endroit avant le mariage pour qu’il me porte chance. C’est étrange, j’étais convaincue qu’il avait un lien avec toi.

— Oui, je te l’avais offert juste avant tes fiançailles… Tu ne te souviens donc toujours de rien ?

— Non, mais maintenant, j’y crois. C’est l’essentiel.

— Vous vous entendez bien, toi et Cédric ?

— Oui… je crois que nous pouvons affirmer avoir quelques affinités… disons que pour l’instant nous vivons une relation amicale et respectueuse…

— Amicale ? Aurélia… je te rappelle que Cédric est ton époux.

— Je sais, mais le jeune duc est un homme très patient, ce que j’admire chez lui… il comprend que j’ai besoin de temps… que j’ai du mal à me sentir à ma place ici… Je préfère que nous en demeurions à ce stade pour l’instant.

— Donc, il te traite bien ?

— Oui… vraiment beaucoup. Il est compréhensif et très généreux. Il m’accorde tout ce que je veux, sans rien demander en retour.

— Mais j’espère que tu comprends que ce n’est qu’une question de temps… Bientôt, il en demandera davantage, Aurélia. Il ne se contentera plus de cette relation. Il t’aime ; ça se voit à la façon dont il te regarde. Toi, tu ne ressens plus rien pour lui ?

— Oui, enfin… je le respecte énormément et j’apprécie discuter avec lui. Il est mon mari après tout. Cependant, je ne crois pas en être amoureuse.

Ces mots retentirent en Gaël comme le clairon vibrant qui annonçait qu’une longue et pénible bataille était gagnée. Instantanément, ses espoirs reprirent vie. Pour une fois, il se sentait triompher. Il l’emportait enfin sur ce duc de Bretagne qui ne faisait plus battre le cœur de sa bien-aimée.

— Tu devrais peut-être penser à l’aimer davantage, car le jour où il te demandera plus que du respect, tu n’en seras guère enchantée.

— Je préfère ne pas penser à ça…

— Tu sais pourtant que c’est son droit… et un devoir pour toi…

— Oh, Gaël ! J’aimerais tant que tu m’emmènes au loin avec toi ! Découvrir de nouvelles terres inconnues, rencontrer des étrangers inspirants, vivre tous les deux des aventures fabuleuses hors des sentiers battus… Tu n’aimerais pas vivre cette vie extravagante avec moi ?

Quel beau scénario elle lui offrait là ! Était-elle vraiment sincère ou n’était-ce que des paroles en l’air ?

— Bien sûr que j’aimerais… mais rien n’est si simple. Ma chère Aurelia, tu as des responsabilités en tant que princesse et future duchesse de Bretagne… Tu fuirais, comme ça, comme une hors la loi ?

— Je ne sais pas… peut-être que oui…Peut-être que dans la vie, vaut mieux jouer le tout pour le tout quand cette dernière ne nous convient plus du tout… Ce château…il m’épouvante de plus en plus, comme si une force obscure s’y terrait… Sans compter ces cauchemars que je fais trop souvent depuis mon arrivée ici… C’est toi que j’aurais dû épouser, Gaël…

— Moi ? Mais je ne suis qu’un simple chevalier.

— Non, Gaël, tu es beaucoup plus que ça. Tu as l’étoffe d’un grand seigneur.

Il caressa la joue de sa belle princesse.

— Tu es si gentille… Tu sais quoi ? Un jour, je viendrai te chercher et nous irons vivre loin d’ici. Dans l’une de ces contrées exotiques que tu rêves de découvrir. Je pense à l’une d’entre elle, à peine défrichée, la plus magnifique de toutes, que j’ai eu la chance de contempler de mes propres yeux. Je te jure que tu n’auras jamais rien vu d’aussi beau de toute ta vie. Un endroit où de magnifiques fleurs s’épanouissent à longueur d’années, où la mer est plus bleue que le ciel ; et ses côtes, plus blanches que ta douce peau, mais surtout, où l’on pourrait mener une existence simple et douce ensemble…

— Quand ?

— Un jour. Peut-être bientôt. Ne t’inquiète pas : je tiendrai ma promesse. Rentrons maintenant avant que ton époux ne te cherche partout.