Enfin libérée du burn-out

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Enfin libérée du burn-out

Sylvie Vandroux


Collection :
Electrons Libres

Synopsis :

Je souffle mes quarante-six bougies, ma vie est aussi sombre que les longues nuits d’hiver. J’ai élevé avec dignité mes enfants. Je souhaite pour mon bien-être personnel me construire un avenir professionnel. Je reprends mon rôle de femme active, obtenant brillamment mon BAC professionnel de secrétaire assistante. Je travaille en tant qu’employée dans différentes entreprises, souvent au contact de personnes fragilisées. La dureté des cadres et collègues rencontrés m’a permis de poser de multiples questions sur le caractère humain d’aujourd’hui. Les nouvelles conditions de travail ne conviennent pas à tous. La pression sociétale engendre un stress, détruisant parfois la personnalité de chacun.

 

Alors avec un aplomb certain, je crée mon entreprise de services à la personne. L’évolution est fulgurante. Les embauches, les démissions et les arrêts-maladie se succèdent néanmoins, j’affronte tous les aléas sans jamais me plaindre. Petit à petit, l’usure et la fatigue m’engloutissent. Je tente tant bien mal pour résister contre ce fléau. Il est déjà trop tard, le burn-out est présent. Sans aucun repos en trois ans d’activité, je ressens l’échec. Cependant, je prends toutes les dispositions pour que l’entreprise poursuive son activité. Sans moi ! Par bonheur, je réussis. Le mal continue de me ronger pendant des semaines et des semaines. Mon entourage proche me voit dépérir. Ce regard, je ne le supporte plus. Je dois pourtant me battre contre mon état végétatif, trouver une solution pour sortir de cette spirale infernale. Avec le soutien et l’aide de mon psychiatre, ma psychothérapeute, mon mari et l’écriture, je suis de nouveau debout. Le burn-out ne s’oublie pas, dorénavant il est loin derrière moi.

 

Extraits :

Au-dessus de ma tête, les nuages sont trop nombreux, ils obscurcissent le soleil, du coup l’orage gronde. Je ne dors plus, harassée par la fatigue mentale. Je ne réagis plus devant cette situation beaucoup trop douloureuse. Mon attitude d’être humain devient parfaitement inutile à la société. Je suppose que les jours à venir rétabliront cette chute brutale, mais le plongeon me semble trop radical. Je ne vois plus une lueur d’espoir devant moi, devant mes yeux, dans ma tête, dans mon for intérieur.

Malgré toutes ses questions, ma conviction à parvenir à mes objectifs s’intensifie. Néanmoins, sans ce diplôme, cette commodité se démontrerait délicate pour une intégration dans le monde professionnel. Puis, mon espérance s’évade d’heure en heure. Le doute ! La peur ! En milieu d’après-midi, vers seize heures, les entretiens individuels sont terminés. Nous sommes toutes regroupés dans une salle. Le jury délibère. Les minutes paraissent interminables. Nous sommes rongés d’inquiétude. Nous écoutons le moindre bruit et nous guettons la porte qui s’ouvrira. D’ores et déjà deux heures et demie d’attente. Un calme pesant remplit la pièce. Enfin, à dix-huit heures trente, la formatrice nous demande de rentrer dans la salle de cours pour la dernière fois. Dehors, la nuit tombe déjà. Toutes côte à côte, nous restons debout en silence à scruter les quatre personnes présentes devant nous. Nous sommes appelées les unes après les autres, lorsque mon tour arrive. Trois stagiaires échouent, hélas ! Quant à moi, je manifeste ma vive émotion, mes larmes se mettent à couler le long de mes joues. Non, ce n’est pas de la tristesse, mais une immense joie. Je contacte par téléphone sans délai la maison, ma fille répond. Je lui annonce cette grande nouvelle. Devant cette belle victoire, je déborde de fierté envers ma famille, mes amies leur prouvant ce dont je suis capable. Après des rires et des pleurs, je remercie notre formatrice, je salue toute l’équipe en leur souhaitant un avenir prospère.

 

 

 

Je me pose d’innombrables questions sur le comportement humain dans ce milieu professionnel. Confrontée à des situations complexes, je trouve avec difficulté ma place. Toutes les personnes côtoyées se plaignent d’un travail rigoureux, constant, sans aucune compensation sans aucune reconnaissance. Les réactions des collègues suscitent dans certains cas de la jalousie les uns envers les autres. Tout le monde observe tout le monde d’un œil méfiant, sur toutes les qualités ou les défauts de chacun :

  • Le travail trop rapide ou trop lent, trop ou peu appliqué, j’en passe…
  • Le caractère, autoritaire, insociable, méprisant, vice-versa.
  • Les tenues vestimentaires.
  • Le mode et le train de vie (selon la voiture de chacun, etc.).
  • L’aspect physique.