Censurée – L’enfer France Télécom

Synopsis :

En 1990 France Télécom amorce son processus de restructuration, première marche vers la privatisation.
Michèle a atteint le grade d’Inspectrice Principale dans l’entreprise.
Elle présente le double handicap d’être une femme cadre dans une hiérarchie très masculinisée, et de gérer des services sociaux appelés à disparaître. Dans l’entreprise on gomme l’humain décrété non productif et coûteux, au profit de la rentabilité.
Un protocole de « Schémas de courbes de deuil » institué au mépris de toute humanité est censé pousser sans douleur, les indésirables vers la sortie…

Michèle Arnaud, entrée en écriture pour survivre, témoigne de ce procédé d’éviction qui a conduit certains de ses anciens collègues au suicide.
L’ironie douce-amère qui imprègne le récit en facilite la lecture, sans jamais masquer le poids de la souffrance au travail et sa répercussion sur le déroulement de la vie de l’auteure.

Extraits :

Jusqu’en 1988, les services des Postes et des Télécommunications fonctionnèrent conjointement sous le sigle PTT, au sein d’une administration d’État.

À cette date, ils se scindèrent. Les Télécommunications devinrent une société de service public et prirent le nom de France Télécom. La poste suivit en 1991.

La première conséquence de cette transformation d’un organisme d’État en société de service public toucha le personnel. Embauchés jusqu’alors sous statut de fonctionnaire, les anciens durent côtoyer les nouveaux, embauchés sous statut de droit privé.

Les premiers, souvent qualifiés de petits travailleurs tranquilles, de ronds-de-cuir en arrêt sur leur montre ou sur l’horloge de bureau ; les seconds, en principe dynamiques et compétents.